L’histoire du centre

Jean-Marie Faverge

Jean-Marie Faverge

La Faculté des Sciences Psychologiques et de l’Education, fondée à Bruxelles dès 1949 – sous le statut d’Ecole rattachée à la Faculté de Médecine – par A. Ombredane, Docteur en Médecine et Agrégé de Philosophie de Paris, a vu très rapidement la psychologie du travail y devenir un objet d’étude privilégié. Cette situation, qui contrastait avec l’absence d’une telle discipline dans les autres Institutions Universitaires belges, était due à la rencontre d’Ombredane avec J.M. Faverge, Agrégé de Mathématiques, qui oeuvrait au Centre Français de Recherches Psychologiques. Leur collaboration allait déboucher sur l’édition de l’un des grands textes fondateurs de l’ergonomie en langue française « L’analyse du travail » en 1955.

Le Laboratoire prit le nom de « Laboratoire de psychologie industrielle et commerciale » (L.P.I.C.) lorsqu’il apparut que quatre points d’ancrage d’enseignement et de recherche constituaient les travaux principaux de l’unité: la psychologie du travail et l’ergonomie proprement dite ; l’analyse statistique, en particulier à partir de recherches relatives à l’analyse des correspondances ; la psychologie du personnel, autour des thèmes davantage classiques du recrutement, de la formation et de l’évaluation des personnels ; enfin, le développement d’une psychologie économique (ici encore une première dans les Universités francophones belges) et le développement d’un laboratoire d’analyses optométriques en collaboration avec des organismes commerciaux du terrain. Ces deux thématiques induisaient par ailleurs l’obligation d’une solide formation dans le domaine de l’instrumentation et des questionnaires. Sur le plan des recherches, et sans qu’il y ait intention de diviser les problématiques étroitement, les deux premiers thèmes allaient être développés et enseignés essentiellement par G. Karnas, et les deux autres par P. Salengros.

Au départ en 1980 de J.M. Faverge, ce sont ces deux collaborateurs qui prirent conjointement la direction du Laboratoire ; ils prirent en charge non seulement les enseignements qui faisaient partie des curricula de la Faculté, mais aussi d’autres hors de celle-ci : à l’Institut des Sciences du Travail d’abord qui se développait largement vers un enseignement de promotion sociale sur d’autres campus, à l’Ecole de Commerce Solvay dans le cadre des travaux relatifs à la décision, en sciences appliquées, dans les programme de formation des chefs de sécurité de niveau I, à l’Institut des Sciences de l’Environnement, et jusqu’en Pharmacie. Dans chacune des formations hors Faculté, le besoin de comprendre l’homme au travail, en élargissant ce concept allait demander des adaptations successives à d’autres publics que celui des psychologues.

De nouveaux assistants et chercheurs allaient venir s’installer transitoirement ou définitivement au sein du Laboratoire : C. van de Leemput d’abord sur des thématiques de psychologie du travail, dans la lignée de Faverge et de Karnas, M. Sylin ensuite, ouvrant ses travaux au domaine de la formation professionnelle et par là à celui de la psychologie des organisations, S. Pohl, par ses recherches consacrées au concept de compétence, et élargissant elle aussi vers la problématique organisationnelle, C. Hellemans, s’intéressant aux recherches relatives au stress professionnel, concept s’ouvrant lui-même sur bien des perspectives dérivées, tant dans la problématique des personnes que celle des organisations.

D’autres chercheurs ont défendu leur thèse au sein du Laboratoire sur des thématiques diverses, comme L. Boogaerts sur l’implication en psychologie du consommateur, J. Karnas sur l’orientation professionnelle, V. Koenig sur l’ergonomie des logiciels et leur utilisabilité, L. Gros sur la détection des hautes compétences, etc.

En 2006, G. Karnas et P. Salengros, admis à la retraite, laissent la direction de leur laboratoire à C. van de Leemput. Le LPIC voit son intitulé modifié pour répondre à la réalité de la Société et devient « Laboratoire de Psychologie du Travail et Psychologie Economique » (LAPTE). Les enseignements – en Faculté et dans d’autres Instances de l’Université – sont essentiellement redistribués à C. van de Leemput, S. Pohl et C. Hellemans. En parallèle, M. Sylin prend la direction d’une autre structure, l’ « Unité de Psychologie des Organisations ». Ces deux Services constituent l’armature des enseignements et du Master consacré en Faculté à la Psychologie du travail.

En 2011, Caroline Closon vient rejoindre l’équipe des « académiques »; les chercheurs et assistants diversifient les centres d’intérêt, de recherche et d’enseignement. Pour ne citer que les plus importants, A. Amiel consacre ses efforts au développement d’un laboratoire d’utilisabilité conçu par C. van de Leemput dans la foulée de ses travaux en ergonomie, A. Balikdjian poursuit les réflexions dans le domaine de l’implication en psychologie du consommateur, B. Lapthorn développe ses travaux sur l’incertitude au travail, E. Equeter est intégrée dans un ARC qui lui permet de rédiger une thèse traitant des questions de mobilisation et d’engagement au travail face aux nouvelles exigences d’emploi, dont les différentes formes de mobilité.

A la rentrée 2012, le LAPTE, dans la foulée des modifications de structure de notre Alma Mater, change de nom et devient le Centre de Recherche en Psychologie du Travail et de la Consommation (CR PsyTC).