Qu’est-ce que la psychologie du travail ?

La psychologie du travail est en général définie comme « l’application de la psychologie au domaine du travail ». Lorsque l’on parcourt les ouvrages traitant de ce domaine, on se rend compte de la diversité des expressions utilisées pour parler de « psychologie du travail » : psychologie industrielle, psychotechnique, psychologie des entreprises, psychologie cognitive du travail, psychologie ergonomique, psychologie des organisations, etc.

On considère généralement que la psychologie du travail s’est affirmée dans un contexte singulier : l’accélération du développement industriel, à un moment où commence en parallèle à se concrétiser la psychologie scientifique (fin du XIXème, début du XXème siècle). Dans ce climat, on ne s’étonnera pas que les premiers psychologues du travail se fixent comme objectif d’aider à créer un cadre de travail fondé sur une harmonie optimale entre l’homme et le travail, entre l’homme et son activité professionnelle.

Ainsi, il paraît impossible de parler de psychologie du travail sans aborder la question du sens du travail : Qu’appelle-t-on « travail » ? Quelle est la signification du travail pour le travailleur ? Ces deux interrogations sont évidemment très étroitement liées et fortement déterminées culturellement. Elles renvoient à une réflexion sur les rapports entre le travail en tant qu’activité et le travail en tant que valeur.

Le travail dont traite la psychologie du travail se définit comme l’activité d’un homme ou d’une femme dans un cadre organisationnel et social défini, utilisant des outils particuliers, aux fins d’atteindre des objectifs de production donnés. Cela conduit à identifier le travailleur comme objet et sujet de la psychologie du travail… mais aussi les outils de travail, les conditions de travail et les structures d’organisation. L’apport de la psychologie du travail pourrait dès lors être d’aider à choisir le travailleur, à le former, à définir le contenu de son travail, les conditions de travail physiques et matérielles, les conditions d’emploi et de carrière, les conditions relationnelles entre travailleurs et avec la ligne hiérarchique, les structures de production, les rapports entre vie de travail et vie hors travail, etc.

On parvient ainsi finalement à délimiter trois larges champs à la psychologie du travail :

  •  le champ de l’adaptation de l’organisation à l’homme ou la psychologie des organisations,
  • le champ de l’adaptation de l’homme au travail ou la psychologie du personnel,
  • le champ de l’adaptation du travail à l’homme ou la psychologie ergonomique, ou encore, selon l’accent porté, l’ergonomie cognitive.

 Source : Karnas, G. (2002). Psychologie du travail, Paris : PUF, coll. Que sais-je.